March 4, 2019

August 27, 2018

Please reload

Posts Récents

TRIBREIZH DUO : une journée parfaite

28 Jun 2015

 

En 2014, sur le triathlon de Priziac, j’annonçais ma retraite sportive sur les épreuves de triathlon. Un ras le bol, une envie de faire autre chose, moins d’envie de me faire mal à l'entraînement...Seulement, n’ayant pas vraiment trouvé une activité qui me branche vraiment, j’ai replongé en 2015 pour aller faire ma course fétiche, l’IRONMAN de Lanzarote.

Entre temps, j’avais laissé tomber (en cours de route) mon partenaire du Tribreizh DUO 2014, Jean Christophe Arros. Alors même si mon année de triathlon 2015 sera légère en course, je me devais de re-signer sur le Tribreizh 2015, avec J-C, pour finaliser ce projet que nous avions ensemble.

Et bien entendu, pas question de faire çà légèrement. Alors, après un IM de Lanzarote 2015 assez réussi par rapport à la quantité d’entraînement que j’avais, j’ai continué sur ma lancée en considérant que j’avais l’endurance mais peut-être pas la vitesse. J’ai donc saupoudré mon planning d'entraînement de juin de quelques séances bien piquantes, avec l’espoir de ne pas être trop à la ramasse le jour J.

Parce qu’après, c’est vraiment la retraite du triathlon. Plus exactement, la retraite des entraînements difficiles, obligatoires, par tous les temps. Une baisse considérable du volume, plus de temps pour moi et les miens. Je ne m’interdis pas de faire un triathlon, un jour, à l’envie, sans pression de résultat et pour m’amuser mais rien de systématique. D’ailleurs, pour faire une vraie “rupture”, je ne prendrai pas de licence triathlon l‘an prochain. En plus de ça, j’ai trouvé une nouvelle discipline qui me passionne donc je ne risque pas de m’ennuyer.

 

Avec Jean Christophe, cela fait longtemps que nous nous tirons la bourre sur les courses. Je me souviens encore, en 2005 à Bénodet, de la tête qu’il a faite quand un nouveau Dauphins de l’Elorn l’a doublé en vélo sur la fin du parcours. Et oui, il avait nagé plus vite que moi et ma transition avait été catastrophique. J’ai réglé le premier handicap...pas le deuxième.Il m’avait quand même battu en course à pied, au train, mais une amitié rivale naissait.


Le Tribreizh 2015 duo se devait donc d’être une apothéose.

Le matin de la course, les conditions météo s’annoncent bien. Temps sec, pas trop chaud, pas trop de vent : idéal. Je suis plutôt en forme même si une petite alerte à l’adducteur gauche apparue en début de semaine, m’a obligé à plus de repos ces derniers jours. Mais le déblocage fait hier a levé l’alerte. Pourtant, j’ai une petite pression supplémentaire. Je ne dois pas flancher, c’est une course à deux. Heureusement, je sais que notre équipe est assez homogène (sauf en natation), ce qui est un atout supplémentaire.

Les “inoxydables” de l’équipe “juste de potes” sont prêts.

 

 

 

Notre tactique est assez simple : En natation, j’attends JC à la sortie à l’Australienne, on repart ensemble pour qu’il prenne mes pieds. S’il décroche, je me change en attendant qu’il arrive et je l’aide pour sa transition. Ensuite en vélo et Càp, on verra bien en fonction des coups de moins bien de chacun.

Le départ est donné et c’est la cohue dans l’eau. Je trouve que çà bastonne quand même pas mal jusqu’à la première bouée. Je pars assez vite mais pas à fond donc je suis dans le trafic. Mais dès la première bouée, j’arrive mieux à poser ma nage et je sors au premier tour en 14’45”. Colin Arros attend aussi son équipier. Nous avons le droit à une petite interview du speaker Gilles. J-C arrive 1’30” après moi. Nous repartons pour le deuxième tour pour qu’il puisse prendre mes pieds mais l’eau trouble du bord fait qu’il perd le contact rapidement. Je me retourne, je ne le vois plus. Je décide d’accélérer pour sortir de l’eau au plus vite, faire ma transition et l’aider ensuite. Je sors de l’eau, encouragé par plein de monde, il fait beau, il fait bon, c’est génial.

Je cours vers mon vélo, je me change. J-C arrive une minute après. Je l’aide à enlever sa combi et nous partons pour le vélo.

 

 

Nous sommes environ dans les 30. Je prends les commandes et je pars assez vite, oubliant un peu que nous sommes sur un half. L’idée est quand même de doubler au plus vite pas mal d’équipes pour ne plus être gênés.  Je roule donc vite jusqu’à la grande route de Sizun mais JC me demande calmer un peu, il est “oxy” et n’a pas récupéré sa dette d’oxygène. Nous jouons un peu au chat et à la souris avec deux gars de Carquefou un peu pénibles, qui nous doublent, puis calme le jeu. Alors on les redouble...et ils recommencent. Un peu chiant les gars votre façon de faire. Stéphane Mettier et Stéphane Hascoët  nous doublent. Ils sont clairement plus forts, nous n’essayons pas d’accrocher. Par contre les gars de Carquefou embrayent sur eux. Nous avons plus le champ libre. J-C prend à son compte la montée vers Trédudon. Sa connaissance du terrain, et sa régularité fait que nous montons vite mais sans trop puiser. Je me cale derrière et je comprends là bien l'intérêt de la course à deux. Une fois en haut, je reprends du service et nous alternons sur la partie plus plate mais face au vent. Les bénévoles nous encouragent à tous ronds-points, c’est super. Je me ravitaille dans la descente de Saint Rivoal et J-C gère la remontée, petit plateau, tout en fréquence. Je suis derrière à plus de 300 W pendant toute la montée. L’équipe de Thibaut Le Cras et Stéphane Lagnaux nous reprend dans la bosse. Ils semblent très fort, on ne suit pas, la course est encore longue. Fin du premier tour, nous passons à bloc devant la foule en délire.

 

 

Nous attaquons le deuxième tour par la partie que j’aime le moins. Revêtement moyen, montagnes russes, j’ai l’impression que l’énergie part en fumée. Une fois sur la grande route, je relance la machine. Nous revenons sur plusieurs équipes. J-C me demande d’aller chercher deux-trois équipes devant avant qu’il ne prenne la montée à son compte. Je fais un effort assez violent mais ça marche. J-C fait encore une superbe montée. Il me demande si je peux prendre un long relais jusqu’aux antennes de St Rivoal. J’ai récupéré, j’accepte la mission. En haut, sur la route de Braspart, juste après le rond-point, je vois un camping-car sur le bas-côté avec Stéphane Hascoët dans le fossé, la tête en sang et Stéphane Mettier à ses côtés. Une dame part prévenir les gendarmes au rond-point. J’espère que ce n’est pas trop grave. J'appuie fort sur les pédales. Ce n’est pas facile, le vent de face complique l’affaire. Je vais jusqu’au bout mais je sens que j’y ai laissé des plumes. J-C fait la descente et je me fais larguer pendant que je me ravitaille. J’ai 50 m de retard au pied de la montée de St Cadou. J-C m’attend. Je m’accroche derrière lui. Nous doublons les gars de Carquefou qui avaient présumé de leurs forces. C’est bon pour le moral. Fin du deuxième tour. Je sens qu’il va falloir que je gère ce tour car j’ai moins de force. Je sens aussi qu’au niveau estomac ce n’est pas comme d’habitude. Je ne me sens pas super bien mais pour autant, le sucre passe donc pas d’hypo en vue. J-C fait le gros du boulot. Je l’allège de temps en temps comme je peux. En haut de Trédudon, je vois que les pompiers s’affairent autour de Stéphane Hascoët. Stéphane Mettier me fait un signe pas super rassurant. Dans le vent, J-C et moi alternons les efforts et je sens que çà reviens un peu. Nous étions annoncés 7ème au rond-point. Au pied de la dernière bosse, nous reprenons une équipe - 6ème - Nous revenons sur l’équipe MSA puis sur les Pontiviens, un peu cramés et en hypo - 4ème - Quand une équipe de Rennes nous reprend en haut de la bosse en nous chambrant un peu : “Eh !! les gars, on a mis du temps à vous reprendre”. Piqués au vif et soucieux de notre image ;-), J-C me dis :”Pour notre public !!!” et il embraye à bloc. On accélère comme des sauvages et nous arrivons 4ème au parc à vélo : 4ème temps vélo, on a bien bossé.

T2 : comme d’habitude je traîne un peu et nous repartons 5ème du parc, derrière les Rennais.

Il fait chaud mais pas trop. Les jambes semblent assez bonnes. J-C me freine un peu : “un peu vite là”. Ok, je me calme. Nous revenons au train sur les Rennais. J-C me dit. On se cale derrière eux un moment pour se refaire la cerise. Et bien entendu, on arrive sur eux, on les double et on accélère un peu...Les gars de MSA nous doublent au train aussi, mais un train un peu trop rapide. On gère, ce n’est que le début. Nous sommes en bas de la petite cote du 3ème kilo quand les troisièmes sont en bas. Les gars de Cesson, des gros coureurs. Trop gros gibiers pour nous. J-C connaît tellement le terrain par cœur qu’il me dit ou poser le pied “Passe dans l’herbe çà glisse moins, le pied gauche dans le creux pour la relance ..” - Énorme !!! Coca cola dans le buffet et eau pour se rafraîchir à chaque ravitaillement, nous tournons au même régime. Les petites bosses sont absorbées en souplesse pour mieux relancer sur le plat. Les bénévoles sont toujours au top (Merci les amis).

 

 

Même si c’est assez dur, nous ne subissons pas notre course mais nous la maîtrisons. C’est une sensation super agréable. Sur le deuxième tour et le troisième tour nous avons la même tactique. Nous accélérons franchement sur les trois premiers kilomètres assez plats et nous gérons les petits taquets de la seconde partie du parcours. Et çà marche plutôt bien, personne ne revient sur nous. J-C est un peu plus dans le dur musculairement sur la fin mais la sensation d’un travail bien fait est un bon analgésique. Le dernier kilomètre est un rêve. Nous profitons de chaque instant, nous avons des frissons, quel pied  !!!!

 Enfin, nous franchissons la ligne bras dessous, bras de dessus, 5ème et vraiment très heureux. De l’émotion, quelques larmes de joie. Je rêvais de ce moment-là et je le vis pleinement. Merci mon pote, je vais pourvoir quitter la scène du triathlon la tête haute grâce à toi.

Une petite pensée pour Stéphane Hascoêt, gravement blessé, mais qui s’en sort miraculeusement sans séquelle grave. Il va falloir être patient maintenant.

Merci à la Touvron’s family pour l’organisation du Tribreizh. Merci à tous les bénévoles qui encouragent tous les concurrents jusqu’au dernier.

Merci à Florence Touvron et Xavier Marjou pour les Photos. Toutes les photos sur le site du Tribreizh : www.tribreizh.org

Please reload

Please reload

Archives
Catégories
This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now