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Ironman de Lanzarote 2015

23 May 2015

Mais où ai-je perdu ces neuf secondes ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour la huitième fois je foule le sol de l’Ile de Lanzarote au Canaries. Mais ce n’est que la quatrième fois que je participe à cet Ironman Mythique. Parce que l’IM de Lanzarote est un monument, avec son parcours hors norme, ses paysages variés, rugueux et fantastiques, ses habitants accueillants, son organisation au top, ses bénévoles enthousiastes. Cette épreuve m’a apporté beaucoup de joie et m’a déjà permis de me qualifier trois fois à la finale mondiale Ironman à Hawaii. Je me sens bien ici.

  

Pourtant cette année, même si j’y vais avec enthousiasme, j’arrive un peu moins prêt physiquement pour affronter la course. Oh je n’y vais pas la fleur au fusil, j’ai trop de respect pour cette distance et cette course. J’ai quand même fait quelques bonnes heures d’entrainement et un bon stage avec les X-pier women and men sous la baguette magique de Nicolas Hémet. Mais, par lassitude sans doute, à cause d’un boulot plus prenant ces dernières semaines et par l’envie de faire un peu autre chose, j’ai été moins assidu à la piscine (un seul entrainement par semaine), j’ai un peu moins roulé et surtout fait moins de qualité à vélo. A pied, j’ai fait quelques bonnes séances rassurantes. Un peu de musculation, un peu de Compex pour peaufiner le tout et me voilà prêt. Par contre pas de pression, je ne cherche pas le Slot pour Hawaii. Je vais me faire plaisir. Pour autant je suis décidé à « faire la course ». çà craquera quand çà craquera (ou pas mais çà craque toujours un petit peu) et je gèrerais ce craquage quand il arrivera.

Me voilà donc sur cette bonne vieille île de Lanzarote, 6 jours avant la course, avec mon pote Franck Herbillon. Nous retournons dans les appartements Jable Bermudas, pas loin du départ (et de l’arrivée). Natation le matin sur le site de la course, balade dans l’ile, sieste tous les jours, beaucoup de repos et quelques entrainements vélo et cap pour terminer l’affutage et gérer les toujours délicats jours de pré-course. La météo est bonne, le soleil est au rendez vous, la température très clémente mais cette année, le vent fort s’est invité. Le vent très fort même. Tellement fort que les entrainements sont dangereux, les fortes rafales nous poussant dans les fossés et les montées vent de face nous plantant à moins de 10 km/h. Il est prévu que le vent baisse un peu mais une édition de guerrier s’annonce à nous.

  

Samedi 23 mai 2015 : The Race Day.

4h00 le réveil sonne. Ce n’est vraiment pas ma partie préférée du séjour. Moi qui suis un assez gros dormeur. Et puis dans trois heures c’est le départ, pour environ 10 heures d’efforts soutenus et parfois de souffrance. Mais une fois dans la course, fini de gamberger.

En attendant, je prends mon petit déjeuner pré Ironman (baguette de pain, beurre, miel), puis nous descendons,  avec Franck, au parc à vélo. A 5h10, les vélos sont prêts. Nous remontons à l’appart et nous nous recouchons pour dormir 45 minutes.

6h00 : c’est le moment d’enclencher la deuxième. Je me (re)lève, je mets ma combinaison, fait quelques séries légères de StrechCordz puis je descends à la plage. Comme d’habitude, avant un IM, je ne suis pas le mec le plus rigolo de la terre. Je suis juste concentré. Je regarde un peu en arrière ma préparation. Pas de quoi sortir une course à 100% mais largement quoi faire une course très honnête. Regardons uniquement devant maintenant. L’expérience que j’ai de cette course et de ce parcours m’apporte quand même une certaine sérénité. Le vent qui s’était calmé une heure ou deux commence à se manifester et les arbres bougent beaucoup. L’espoir d’accalmie s’envole, je ferai avec, comme les 1650 autres athlètes au départ de la courses. 6h25. je vais nager 10’. Le jour se lève mais il fait encore sombre. L’eau est bonne et claire. Je sors pour bien me placer dans le sas de départ, juste derrière les PROs mais sur la droite pour prendre un peu plus large et éviter la baston du départ. La tension monte dans le sas, le départ est proche. Je prends une pate de fruit et une gorgée d’eau pour éviter que l’estomac ne travaille à vide en position horizontale. Chacun se renferme dans sa bulle. Je mentales un peu les chronos que je souhaiterais faire. en gros 1h00 en natation, 5h35 en vélo et 3h25 au marathon. Avec 8-10 minutes de transition au total (le parc est long !!!) cela ferait environ 10h10.

7h00 : Le coup de feu libérateur est enfin donné. je fais l’extérieur jusqu’à la fameuse première bouée des 200 m. je louvoie un peu pour trouver ma place. C’est un peu la bagarre mais rien de dramatique. Quelques coups légers, quelques claques données mais le tout sans panique et maitrisé. Je ne pars pas à bloc mais suffisamment vite pour me sentir dans le rythme quand même. Une fois la première bouée passée je continue un peu à l’extérieur puis je me rapproche au mieux de la trajectoire idéale. Je me sens bien et musculairement et au niveau souffle. Les quatre séances de natation faites dans la semaine sur ce site ont vraiment été bénéfiques pour les sensations. J’espère ne pas être trop  lent mais le passage à la bouée la plus loin en 14’30’’ me conforte dans mon allure. Le retour se passe bien, je ne puise pas trop et j’essaie d’être régulier. Je finis le premier tour en 30’ en quelques secondes. Quelques mètres sur la plage et je replonge pour le deuxième tour mais cette fois ci, je prends au plus cours, le long de la ligne de bouées. J’ai l’impression de bien avancer. Je tente de prendre quelques pieds mais je ne trouve pas mon poisson pilote alors je fait le job moi même. Et je me retrouve en 43’30’’ à la bouée. Mais je comprends pourquoi . Sur le retour, le courant s’est levé. Les séances de Nick Hémet me reviennent alors à l’esprit. Travaille de fréquence pour le retour Lanza. Ok, je mets plus de fréquence et moins de « glisse » pour être toujours en prise. Résultat je sors de l’eau en 1h00. Pile dans mes temps. Je n’ai pas perdu trop de temps. Je pers 5 secondes à me rincer sous l’eau douce.

Natation : 1:00:36

 

J’ouvre ma combinaison, je file chercher mon sac de transition vélo. J’avais repérer le 7ème rack et je le trouve rapidement. Ma combi neuve s’enlève facilement. Je m’installe, vide mon sac, demande à une bénévole de me mettre de la crème solaire pendant que je mets mes boosters préalablement roulés, mes chaussettes et mon dossards, mon casques. Je remets ma combo dans le sac. Je perds 20 secondes à remettre de la crème solaire indice 50. Je mets mon casque et je file, chaussure à la main, chercher mon vélo. J’ai repéré qu’il était en face du magasin de glace Smoogy rose flashy donc je le trouve rapidement. Je déclenche le compteur et je file vers la sortie. Je perds 20 secondes à mettre mes chaussures et c’est parti pour le vélo. Le vent a forci. 

T1 : 00:06:36

 

Grand plateau, j’appuie sur les pédales. Je double rapidement du monde. La route sur la corniche permet de se caler sur son vélo. Il fait doux. Première mauvaise surprise, mon vélo grince affreusement au niveau du pédalier. Hier, aucun problème pendant 25 kilomètre de déblocage. Aujourd’hui c’est l’enfer. Le climat asséchant dans le parc sans doute. Bref, je ne pourrais pas prendre mes adversaires par surprise. Deuxième demi surprise au premier virage à gauche. Le vent est là et est déjà fort à cette heure de la journée. çà promet !!! Nous jouons au chat et à la souris avec quelques athlètes. Certains sont fort en bosses, d’autres sur le plat. Mais çà ne drafte pas. Par contre il faut être vigilant car les rafales de vent nous font faire des écarts importants. C’est dangereux. Je me surprends souvent à avoir les mains sur les cotés du cintre que sur les prolongateurs. Et je ne pédale pas tout le temps dans les descentes, je gère les coups de boutoir éoliens. Le premier pétard, le remontée de Puerto Calero vers le rond point de Macher est terrible. Vent pleine face, tout à gauche. Patience, patience. Beaucoup de monde galère, il ne faut pas trop lâcher de force. Sur la route vers Yaiza le vent est vraiment de coté, il faut être prudent. Je ne me sens pas vraiment au top. Je souffre pour lutter contre ce vent qui me balade. Je reste concentré sur mon alimentation et je mange pas mal de bananes aux différents ravitos. Le descente vers El Golfo permet de souffler un peu. Je me relève un peu pour faire deux ou trois grandes inspirations/ expirations complètes, ventrales et thoracique, histoire de bien changer l’air. C’est un des problème avec le vent, on ne sait pas trop comment gérer tout cet air qui nous arrive et on inspire pas correctement. Je recommencerais cette opération respiratoire complète plusieurs fois sur le vélo.

  

Je retrouve un peu de sensation sur le tour d’El Golfo. Les écarts commencent à être assez importants maintenant et je suis parti pour 140 km de vélo avec assez peu de monde autour de moi. Il va être temps de monter Timanfaya. Le vent est de face légèrement sur la gauche. Pas mal de monde pour nous encourager. Je reste grand plateau sur le début puis je je décide de mettre le petit pour la fin plus pente. Je double deux trois concurrents qui optent pour le passage en force. Je me sens mieux et les mains en haut du guidon je mouline. Cela détend mes lombaires avec qui je suis en délicatesse depuis quelques temps (douleurs de vieux). Puis le vent s’engouffre entre les volcans et je termine en danseuse, à l’arrache mais pas tout à gauche. Je reste prudent sur la descente qui suit, toujours rapide et rendue encore plus dangereuse par les rafales. Puis je me pose en position aéro pour rejoindre Tinajo. Le vent est de face mais plus régulier. Je n’avance pas très vite mais je remonte ma moyenne quand même. Je perds 15 secondes pour faire pipi. A Tinajo, c’est la fête. nous sommes super accueilli par les villageois. Les bénévoles sont au top. La nouvelle petite boucle ne change pas grand chose et je « fonce » vers la Santa. La descente est encore scabreuse et je suis sur le qui-vive à cause du vent. La remontée vers Soo est pénible. Pourtant le vent me pousse mais je ne tiens pas la position aéro. J’ai mal aux fessiers et surtout aux lombaires. Je monte comme je peux. Pourtant, l’air de rien, je double quelques gars encore plus en galère que moi. Le vent laisse des traces. A bloc vers Famara avant la longue remontée. Je me fais doubler par un UberBiker de mon Groupe d’Age en Paraculaire. Couillu le gars, avec ce vent mais il doit faire 20 kg de plus que moi. Le début de la montée est pénible pour moi. Je ne suis pas dedans et il reste 100 km de vélo. Pourtant, en haut de la bosse de Famara (qui fait 9 km), je retrouve un semblant de quelque chose. Je sais que les 30km qui viennent seront les plus durs et je me bétonne mentalement. Bizarrement, je retrouve de l’envie. Ma douleur au dos passe, les jambes marchent correctement. C’est un petit moment de plaisir.

Virage à gauche et montée vers Teguise, vent de face, faux plat montant. Je ne vais pas bien vite mais plus vite que d’autre. Je finis la bosse en danseuse, je n’ai pas mal aux jambes, je mets une dent de moins. La traversée de Teguise est toujours très sympa avec plein de supporter. Je retrouve mon UberBiker planté dans la bosse. A priori, un concurrent de moins car s’il plante là, il n’est pas au bout de son malheur. Je bascule derrière Teguise, je me ravitaille bien en prévision de ce qui arrive, je fais pipi dans la descente (Je perds 15 secondes), je fais attention dans les rafales puis virage à gauche pour attaquer la montée vers Haria. Le vent souffle fort et la montée est pénible. Je profite clairement moins du paysage que d’habitude. Epingle à droite et je profite d’un répit vent dans le dos de courte durée puis cette la longue montée des éoliennes. Le vent est très fort, le revêtement moyen, la pente encore forte. je plafonne à 11-12 km, face au vent, en danseuse. J’ai presque le sourire au lèvre de vivre un truc comme çà. Puis finalement, j’arrive au ravito avant la super descente en multi épingle d’Haria. Aucune prise de risque, je tiens mon centre sur les cotés. Trop de rafales scélérates. La palmeraie d’Haria nous accueille avec beaucoup de monde. Mais le job n’est pas fini. Il faut remonter vers le Mirador del Rio. Le début est très dur, avec des montagnes russes et un mur de 15% que je franchis à 9km/h en zigzagant . Puis, enfin, je monte la formidable et incroyable route côtière du Mirador del Rio, avec l’ile de la Graciosa à gauche 400m plus bas, entourée d’une mer bleue turquoise. Le vent n’est pas si fort car il passe au dessus de nous. Le demi tour est en vue, le plus dur du vélo est fait. Je suis au kilomètre 120. J’ai une moyenne à 29,3 soit 1 km/h de moins qu’en 2013.

Pas le temps de regarder le paysage, je prends du ravit à la volée et j’attaque la descente. O surprise, ils ont refait la route sur les deux premiers kilomètres. Je ne perdrais pas ma gourde cette année. La descente est rapide mais attention parfois aux rafales, il faut rester concentré. A bloc dans le tout droit avant Arrieta, environ 80 km/h, je sais que les 15 kilomètres à venir sont déterminant pour remonter ma moyenne. Je suis quasiment seul et le vent pousse. Je roule assez fort mais je ne me sens pas super à l’aise. Pourtant le compteur est souvent au alentour des 40-45 km/h. Mais j’ai mal aux lombaires et je suis obligé de perdre quelques secondes (sic !!) pour me détendre le dos. Arrivé à Tahiche, je tourne à droite pour affronter les deux dernières difficultés : la remontée vers Déguise face au vent (elle fait mal celle là) et les trois bornes de cyclo cross de Nazaret. Je franchis sans encombre et sans rien casser et sans crever : miracle.

Allez, il reste 25 km qui, sauf 2-3 coups de cul, reste assez facile. La descente de Conil à bloc, un retour vers Puerto et les trois derniers kilomètres sur le front de mer où le public nous encourage, nous applaudit, nous faisant presque oublier qu’il y a un marathon à courir maintenant. Vélo en 5h47 soit 30,94 de moyenne. Mon plus mauvais vélo à Lanza, mais je ne serais pas le seul dans ce cas là.

Vélo : 05:48:47

 

Je descends de vélo, je me déplie puis je donne mon vélo à un bénévole. Les premiers pas pour aller chercher mon sac de CàP sont encourageants. Il me reste des forces et les sensations sont correctes. Je transite correctement et je pars sur le Marathon.

T2 : 00:04:24

 

Je n’ai pas de stratégie pré-établis. Je pars à la sensation et je verrais sur les premiers kilomètres. Je reviens sur Arnaud Bouvier (Même Groupe d’Age) et on discute le bout de gras sur quelques kilomètres, tout en avançant correctement. Nous pensons être dans les 4 premiers de la catégorie d’âge mais je dois avouer que je n’ai pas trop suivi l’affaire. Je luis dit que de toutes les façons, je ne prends pas le slot et que çà libère une place pour lui. Je me sens bien, les jambes suivent. J’essaie d’avoir une foulée assez fréquente et les premiers kils sont en 4’30’’ environ. Je décide de ne pas chercher à aller plus vite. Ma stratégie se met en place dans ma tête. Si j’arrive à tenir en gros cette allure sur la première double de 21, et si j’arrive à tenir un 12 km/h sur le deuxième semi, je serais en gros en 3h25. Je compte sur ma « fraicheur » pour passer le vent fort de l’aéroport sur l’aller de la première boucle et sur ce même vent pour tenir le rythme sur la fin de la boucle. Je décroche Arnaud Bouvier doucement au train. Je me sens assez bien et je trouve çà bizarre. Alors je fais très gaffe aux ravitos pour ne pas faire d’hypo. Et bizarrement aussi, je suis content d’être sur le marathon. Je ne me dit pas que çà va être long et galère. Je crois bien qu’à ce moment là, je prends du plaisir. Les 6 premiers kilomètres se passent bien. Il y a du monde pour nous encourager. Puis le virage à gauche nous ramène vent pleine face comme prévu, le long de l’aéroport. Je baisse la tête pour ne pas perdre ma visière, ce qui m’oblige à regarder le sol et à m’enfermer encore plus dans ma bulle. Je raccourcis ma foulée pour passer le vent et çà marche plutôt bien. Je croise les premiers qui envoient sévère. Toujours impressionnant de voir les premiers gars et les premières filles (deux sont devant moi). Je franchis plutôt bien cette difficulté et je suis toujours à plus de 13 km/h au demi-tour. Comme prévu, le retour se passe aussi assez bien. Je garde l’allure prévue mais si les cuisses commencent à me faire mal. Il fait assez chaud mais rien de dramatique et le vent sur nos corps mouillés joue son rôle de refroidisseur. Je croise Franck Herbillon sur le retour de la première boucle. Il semble gérer et est encore assez lucide pour me faire un petit coucou. Bonne course Franck !!!

  

Je prends mon premier chouchou (jaune) et j’attaque la deuxième partie du marathon. çà commence à être dur. Je n’ai pas l’impression de ralentir et pourtant le Garmin est sans appel. Je plafonne à 4’50’’-55’’ au kilo. c’est encore correct mais c’est plus dur de maintenir la cadence. Surtout sur l’aller de la boucle avec ses Roll Up et le vent de face (pas trop fort ici mais quand même bien présent). Je passe quelques secondes de plus au ravitaillement et aux éponges. Au demi-tour, je me dis « plus que 15 bornes ». J’ai mal aux cannes. je me robotise de plus en plus au niveau de la foulée. Le vent pousse un petit peu. Je double Franck qui finit sa grande boucle. Hop !! Petite tape sur les fesses et encouragements. j’essaie de me concentrer sur la technique. Foulée plus fréquente, j’essaie d’écarter les orteils pour avoir de meilleurs appuis. çà occupe toujours en les kilomètres passent. J’essaie de repérer si je croise des groupes d’âges 45-49 mais je perds vite le compte. Je me désintéresse de la question. Je vois un gars trapu qui à l’air de bien avancer et de donner sérieusement mais il sort aussi de mon esprit.

Enfin, je finis ma boucle, prends le chouchou bleu et je pars sur les dix derniers kilomètres. Et là, tout s’écroule. Non seulement les cuisses sont douloureuses mais je sens la faim, le coup de bambou, l’hypoglycémie sournoise poindre son nez. Les signes sont là, je suis planté. Le GPS confirme : 5’30’’ au kilo. J’ai du sauté un ravit ou deux car je ne veux pas de Red Bull et je le paye cash. Le vent défavorable et les petites bosses du début n’arrange rien. Heureusement, il me reste un semblant de lucidité et au premier ravito qui arrive, je prends deux gels et un verre de coca. J’en profite pour faire pipi et je repars petites foulées et ô miracle, mon estomac fonctionne encore un peu car 1 ou 2 kilomètres plus loin, çà va mieux. Problème résolu, reste juste à finir. Les cuisses sont limites crampes et je sais que les jours à venir vont être compliqués. Dernier demi-tour, çà commence à sentir bon mais je ne suis pas vraiment en état d’apprécier. Je re-croise mon gars trapu. J’ai l’impression qu’il se rapproche. Je croise Arnaud Bouvier, pas très loin qui m’encourage et me dit un mot gentil. Merci Arnaud, très heureux d’avoir fait ta connaissance. Tu sembles bien plus lucide que moi. Les derniers kilomètres se déroulent un peu mieux et je termine même assez fort. La ligne se rapproche, je vois presque l’arche Red Bull à 300 m de l’arrivée. Il me reste 500m.

Quand tout d’un coup, mon gars trapu qui se rapprochait me dépose. Je regarde son dossard et il est peut être dans ma catégorie. je perds donc une place. J’essaie d’accélérer pour aller lire sur son dossard (qu’il  avait dans le dos) son Groupe d’Age mais je ne peux pas aller plus vite, les deux cuisses contractent. Je retente le coup mais impossible, je suis cuit. Temps pis, je perds une place mais je suis peut être sur le podium. la ligne d’arrivée est là, je la franchis mais je n’ai même pas eu le temps de profiter des derniers mètres.

Marathlon : 03:26:06

 

Total : 10h26’31’’. - 50ème au scratch/ 1650  et 2ème V2/290

 10h26’31’’. Mon plus mauvais temps à Lanzarote. Je termine avec les cuisses vraiment pétées mais dans un état général plutôt bon. Je n’éprouve pas le besoin de m’allonger, de me poser dans un coin. Je prends ma médaille. J’ai quand même le sourire. Kenneth (Le mythique Race Director de Lanza) me serre la main comme il le fait à tous les finishers. Je vais rentre ma puce pour prendre mon tee-shirt et voir mon résultat. Et là, en voyant, le résultat, je me marre mais çà doit être les nerfs. Je fais 50 ème au scratch mais surtout 2ème de ma catégorie et le gars trapu est premier pour …9 secondes. Il a fait un marathon en 2h58 ???!!!  Je ne suis même pas en colère, j’ai essayé mais je n’ai pas pu. Arnaud Bouvier arrive derrière. Il me demande : « Il t’a passé le gars qui a déboulé à 16 km/h ???  Il est de notre catégorie ? Je lève les épaules de dépit. Je lui réponds par l’affirmative. On se console en voyant que nous seront tous les deux sur le podium, çà reste quand même pas trop mal. Je n’ai pas pris le Slot pour Hawaii, j’ai fait un heureux.

 

Conclusion :

J’avais annoncé que je ferais la course mais que je ne chercherais pas la performance mais le plaisir. Je crois que je me suis trompé. Le plaisir pendant la course ne peut qu’être éphémère sinon cela veut dire qu’on fait tout en dedans pour regarder les paysages. Je ne sais pas faire çà. La première performance est de faire une course pleine, gérée au mieux de ces possibilités du moments. Et çà, je le cherche et je le revendique, sinon cela ne sert à rien de faire de la compétition. Le plaisir peut venir après, si on est content de sa course, en la refaisant avec les copains mais à de rares moments pendant la course. La grosse performance peut venir si on fait une course pleine en étant au top de ces possibilités physiques. Aujourd’hui, j’ai fait une course pleine, assez bien gérée mais en étant un peu moins prêt physiquement.

Je serais malhonnête de dire que je suis pleinement satisfait en étant deuxième de ma catégorie à 9 secondes du premier. Il me reste un petit gout amer d’inachevé dans la bouche. En même temps je suis quand plutôt satisfait, il y a pire que de faire un podium Groupe d’Age sur Ironman

Mais où ai je bien perdu ces neuf secondes?

Bien sur, je pourrais refaire le scénario de la course et trouver partout 10 secondes à récupérer. Mais je ne le ferai pas car j’assume toutes les décisions prises pendant cette courses. Elles répondaient à un besoin, un problème, une situation que j’essayais de résoudre ou de gérer. Elle n’étaient peut être pas parfaites ou tout le temps adaptées et je doit m’améliorer sur certains détails (transitions !!!) mais j’irais quand même plutôt chercher ces 9 secondes un peu plus loin dans le temps. C’est en décidant de moins nager à l’entrainement, de rechigner sur une séance de qualité en vélo, de sauter une séance de PPG, de faire moins attention à ma diététique, etc…que j’ai perdu ces 9 secondes. C’est en abordant cet Ironman peut être un peu plus « à la cool » que ‘ai perdu ces 9 secondes.

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