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Trail de Belle Ile en mer

18 Sep 2010

En prenant, ce matin, le départ de l’Ultra des Vagues de Belle-Ile en Mer,   je pense faire faire un test grandeur nature avant le Grand Raid de la Réunion (GRR). Test des chaussures, test du sac à dos, test de ma forme. Les organisateurs annoncent 83 km et 2000m D+ : Un sacré terrain de jeu. La météo prévue est parfaite. Grand ciel bleu toute la journée.  Il est 6h45 et nous sommes 285 à attendre au pied de l’arche Salomon. Le départ est prévu à 7h00. Au briefing de 6h30, Christophe Malardé, parrain et favori de l’épreuve, pronostique sa course en 7h30. Il fait nuit. Nous sommes tous avec notre frontale allumée. Comme le soleil se lève vers 7h45, j’ai opté pour une petite liseuse Petzel. Je pense quand même être arrivé avant la nuit donc je n’ai  pas besoin de beaucoup de lumière. Je pars en singlet de triathlon mais j’ai mis mes manchettes de vélo qui me protègent de la fraîcheur matinale.


Le départ est donné aux flambeaux vers 7h00. J’ai décidé de ne pas me cramer et  de ne pas me laisser entraîner par l’allure des premiers. Je pars donc dans le paquet, les premières 30’ servant à m’échauffer.  Pourtant, je fais quand même attention à ne pas me laisser trop enfermer et à ne pas être trop en sous allure. Je ne compte pas faire la course trop en dedans mais plutôt à la sensation. Si je me sens bien, pas de raison d’aller trop lentement. Nous traversons rapidement quelques murailles Vauban pour prendre le chemin côtier en direction de Locmaria, premier ravitaillement situé à 17-18 km. Le chemin est technique et il faut être vigilant. Le soleil se lève sur la mer et embrase tout l’horizon : le décor est incroyablement beau et certains coureurs s’arrêtent pour prendre une photo où immortaliser d’une vidéo le serpent de lumière que les frontales dessinent sur la côte. Les premières pentes nous confirment que la journée va être difficile. Je double quelques coureurs dans les parties plus larges du parcours mais je ne prends aucun risque dans les single-tracks, la lumière n’étant pas encore suffisante pour çà. Le parcours ne fait que monter et descendre. Il faut parfois mettre les mains pour grimper. Ce n’est jamais très long mais c’est sans interruption. Arrivé à la plage des Grand Sables (50’ de course), je suis sur une base de 10 km/h. Je profite de la partie plate, sur le sable, pour manger une barre. Tout va bien et je discute avec un copain (sam) que je connais depuis le Marathon Des Sables en 2002. Devant et déjà assez loin, je vois les premiers qui sont partis rapidement. Il m’est difficile de savoir à quelle place je me situe et d’ailleurs, je m’en fous un peu. Je bois régulièrement et je valide la facilité d’accès de mes gourdes. Ce sac Xt Wings – 5 litres de Salomon est un vrai plaisir. Les gourdes,  aux creux des reins, ne bougent pas du tout et sont très accessibles. J’ai décidé de ne pas prendre de poche au GRR. J’en ai déjà crevé plusieurs et c’est toujours galère à remplir. En plus, avec les gourdes, je sais toujours où j’en suis au niveau boisson et sur une course très longue comme le GRR, c’est très important. Pas question d’économiser l’eau si je sais que je peux faire le plein rapidement. Donc l’hydratation est plus régulière.

Au bout d’une heure 43 (temps du pointage), j’arrive au premier ravito, à Locmaria. Je me sens bien et je suis 53ème. Je sors mon gobelet, bois deux verres de boisson énergétique, fais le niveau de mes gourdes (je n’ai pas beaucoup bu !!), range ma frontale et mes manchettes dans mon sac, mange une tartine de pain complet avec du fromage de chèvre local et je repars.  Les cinq kilomètres suivants sont très  techniques et les pentes très raides, aussi bien en descente qu’en montée.  J’ai un petit coup de moins bien. Pas grand-chose mais je sens un peu de fatigue physique. Je suis un peu moins souple en descente et je redouble de vigilance. Je suis reparti seul, entre deux groupes. Je ne double que quelques coureurs et je me fais doubler par un ou deux, bien meilleurs descendeurs, mais je les reprends dans les montées. A la pointe St marc, au kilomètre 28, je suis 50ème. Les écarts sont stables. Tout le monde semble être dans son premier palier de fatigue. Je prends un gel pour me rebooster et je continue mon chemin en direction du deuxième ravitaillement, au kilomètre 38. Comme d’habitude, certains coureurs sont partis un peu vite et commencent à accuser le coup. Je double de plus en plus de monde sur la route qui nous amène vers Bangor, où se trouve le 2ème ravito. Je retrouve du rythme et un bon second souffle.

J’arrive à Bangor vers 10h50 sous les « vivas » de la foule venue encourager tous les coureurs : sympa. Par contre, je suis en avance sur mon timing alors j’appelle ma femme (à qui j’avais dit 11h30 à Bangor) :

-          Allo chéri ?
-          Oui !! T’es ou ?
-          Je viens d’arriver à Bangor, je repars dans 3’
-          Ah t’es chiant !!! tu vas trop vite, on vient juste de récupérer la voiture.
-          Ce n’est pas grave ma chérie. On se retrouve à la grotte de l’Apothicairerie, au kilomètre 58. Si tu veux, tu rejoints le sentier côtier juste avant et tu nous croiseras.
-          Vers quelle heure ?
-           Euh … ??? y’a 20 km …soit dans le dans le coin vers 12h50, je ne devrais pas être loin si je ne prends pas une cartouche.
-          Ok, bonne course et courage. Bisous
-          Bisous

Les bénévoles nous aident à refaire le plein de « carburant ». Je prends de la boisson énergétique, deux tartines de pain/chèvre, des Tucs pour le sel et quelques dattes. Je repars en marchant le temps de manger mes tartines et mes Tucs. Je cale le sac, resserre les sangles et j’embraye. Le moral est au beau fixe, les jambes vont bien et les premiers coureurs que je double me le confirment. J’ai la force et la vitesse pour les « déboiter » dans un single-track montant. Je leur souhaite bonne course en passant. Mon copain Sam est arrivé juste après moi à Bangor et a été plus rapide pour repartir. Il semble en forme. Je sais qu’il n’est pas loin devant. Je me sens bien mais je me méfie de ce genre de sensations alors que je ne suis pas encore à mi-course. Nous reprenons la direction du sentier côtier en traversant des bois : attention aux racines. Arrivés à la plage de Kerel,  je retrouve Sam. Je reste derrière lui quelques temps avant de le doubler. Sur du trail long, C’est une technique que je pratique souvent. Je reste un peu derrière le gars que je reprends pour m’assurer que je ne suis pas en survitesse, à cause de l’aspiration psychologique et à cause de l’effort fait pour revenir dessus. Si je vois que je suis trop « freiné » et que je me sens bien, je le double et je continue ma route, sinon je patiente un peu. Après je ne me retourne pas et j’essaie au maximum de calquer ma course sur mes sensations.

Les écarts sont assez conséquents et je vois de moins en moins de coureurs. Après le contrôle de Port Coton, ou je suis 37ème, j’attaque une partie de route un peu pénible, à l’intérieur des terres. La chaleur commence à se faire sentir, ce qui n’est pas fait pour me déplaire. Je bois régulièrement. Je vois quelques coureurs devant qui commencent à souffrir. Je reprends un gars de Lannion Triathlon qui gère bien sa course.  Je reste avec lui 500m et je continue mon chemin (voir technique ci-dessus). Je sens que c’est un tournant de la course car çà commence à exploser de partout. Je retrouve le sentier côtier et mon copain Philippe Guillaume, excellent raideur et traileur mais un peu à court de forme à cause d’une blessure. Il me dit qu’il était bien pendant 35 km mais qu’ensuite, il a souffert. Il n’a plus de plaisir et songe même à bâcher (Ce qu’il n’a pas fait !!!). Je fais un bout de route avec lui mais il me conseille d’y aller car il est carbonisé. Ok, je suis son conseil et continue ma progression. J’arrive bientôt en vue du ravito de la grotte de l’Apothicairerie. Et super, je vois au loin mes filles et ma femme, avec, entre nous, une grande descente et une grande montée. Je leur montre ma superbe technique de descente (mdr !!!) et je marche dans la montée, trop de pente pour faire le mariole. Je reste un peu avec elles et Léa, ma grande me dit : « attention, papa, y’en a un qui va te doubler ». C’est bien, elle a l’esprit de compétition !!! Bon ok, j’y retourne, surtout que je me sens plutôt pas mal.

J’arrive au ravito et je vois que quelques coureurs  viennent d’arriver en prenant leur temps pour se ravitailler et d’autres qui viennent juste de repartir. Je suis 28ème. C’est bon çà !!! Une place dans les trente satisferait à mon bonheur. Mais attention, il reste encore 23 km et les rumeurs disent que les 12 derniers sont difficiles. Je fais donc le plein de ma gourde droite avec de la boisson énergétique et dans la gauche je prépare mon mélange « spécial- fin-de-course-pour-remonter-des-coureurs-cramés ».

-          Vous prenez une gourde avec des restes de boissons énergétiques chaudasse, parfums mélangés si possible.
-          Vous ajoutez du coca pour l’énergie et de la vichy St Yorre pour le sel.
-          Vous secouez pour enlever les bulles
-          C’est prêt à déguster comme çà ou vous pouvez laisser chauffer au soleil un peu !!!

Je repars, gonflé à bloc, en direction de la pointe des poulains ou j’entamerai le retour vers Le Palais via Sauzon, prochain et dernier ravito. Je traverse d’abord une petite forêt avant d’arriver sur le bord de côte que je ne quitterai plus jusqu’à l’arrivée. En traversant une plage, avant de remonter la falaise, une dame se pâme : « Ah tous ces beaux hommes qui passent et qui ne s’arrête pas …. ». Je prends son numéro de tel…Non ! Chérie, c’est une blague !!! (le numéro, pas la nana !!!)

Arrivé à la pointe des Poulains (magnifique !!!) je vois deux gars qui peinent dans les bosses. Je m’aperçois que, malgré la fatigue, je prends de l’assurance dans les descentes. Je n’ai pas mal aux jambes même si évidemment j’ai perdu en souplesse et en force. Pourtant, je reprends les deux clients qui semblent en assez bonnes forme aussi. Je longe la côte mais je trouve que le balisage est moins précis et je me demande même un instant si je ne suis pas perdu. Je suis inquiet et  demande carrément mon chemin à plusieurs personnes qui me confirment que c’est bon. Et je vois effectivement des coureurs devant mais est ce qu’ils ne sont pas sur le mauvais chemin eux aussi ?? J’ai horreur de me poser ce genre de question et je suis énervé. L’organisation a du subir un débalisage sauvage. Et paradoxalement, peut-être du à la montée d’adrénaline et à la colère, je ne sens plus rien aux jambes et j’accélère vraiment, sans m’en rendre vraiment compte. Je vole carrément jusqu’à Sauzon passant même Denis Caillibot, dans un mauvais jour  (Mais il mettra un point d’honneur à finir, même en marchant). Et ce n’est pas le fait de retrouver un balisage qui me fera ralentir. Je suis en état de grâce et j’arrive à Sauzon à fond. Je n’ai pas doublé grand monde (je suis 25ème) sur cette portion mais cinq gars, dont mon pote Philippe Uguen,  sont là en train de récupérer avant de repartir. Ma chéri est là aussi. Génial !!! Je bois du coca, remplis mes gourdes et je repars aussitôt.

Les jambes répondent toujours aussi bien et je reprends mon train d’enfer. Il ne reste que 12 km. Si j’explose tant pis mais vu mes sensations, je suis très confiant. Je cours sur toutes les parties plates, faux plats, légères côtes et descentes. Je marche et grimpe vite dès que la pente s’incline trop mais surtout je relance immédiatement au haut de la bosse et …je n’oublie pas de m’alimenter. Mon dernier coup de fouet y passe mais je suis certain que c’est un bon investissement.  Je reprends pas mal  de coureurs dont certaines pointures comme Yannick Beauvir et Stéphane Grivel, visiblement épuisés. Ce dernier tronçon est effectivement difficile et très technique, et si vous n’avez pas gardé des forces, il paraît interminable. Enfin, je vois le sémaphore que je sais être près de Le Palais. Une volée de marche nous amène dans la citadelle Vauban que nous traversons pour rejoindre le port et une dernière grosse côte en ville nous permet de profiter d’une belle descente pour rejoindre l’arrivée sous les applaudissements des badauds. Je franchis la ligne vraiment très heureux, en 8h31 et en 14ème  position avec le sentiment d’en avoir encore sous la semelle, au moins sur le plan de l’endurance.  Mais au-delà de la place c’est la satisfaction d’avoir fait le bon choix technique sur une partie de mon matos (sac, chaussure, vêtements..), d’avoir découvert des améliorations et des défauts sur une autre partie de mon matos (poche ventrale,…) et de ne pas avoir invalidé mon choix d’entrainement (je ne le validerai qu’après le GRR !!).

Enfin, une grande satisfaction d’avoir participé à une très belle aventure avec plein de coureurs dans un cadre magnifique. La journée de repos, sur l’ile, le lendemain a été paradisiaque et toute ma petite famille a apprécié ce séjour sur Belle-Ile.

Pour info, Christophe Malardé, le vainqueur, a mis 6h43. Un autre monde : respect Monsieur Malardé.

 

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