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Desert Raid OMAN

10 Nov 2009

Le départ

 

 

Logistiquement, c'est vrai. Mon matos est prêt et testé.
Le matériel Obligatoire est OK
- couverture de survie.  OK
- miroir de signalisation.  OK
- un sifflet.  OK
- une lampe frontale (en état de marche).  OK
- piles de rechange (1 jeu mini).   OK
- un briquet.   OK
- une petite trousse de secours (pour problème gastro et soins des pieds).  OK
- système d’hydratation : gourdes ou Camel bag de 2 litres minimum .   OK
- Une boussole (en état de marche et sachant être utilisée).   OK
- Un couteau de poche( ne pas transporter dans l’ avion)   OK
- Un Cyalum   OK
- Le passeport   OK
- 2 mouchoirs en papier  OK

Préparation Physique ....Euh..........allez.....OK !!!

 

Le récit

 

1/45

De retour d'OMAN, Voici le récit de cette belle aventure, concoctée de main de maitre par Cyril Fondeville etv l'équipe de RSO.

Un dauphin dans le Désert.

 

Après trois ans consacrés aux triathlons, les grands espaces désertiques me manquaient. Je me suis donc inscrit au Désert Oman Raid organisé par Cyril Fondeville, patron de RSO (Raid Sahara Organisation). J’y rejoins la bas une vieille connaissance, mon copain Michel Deschamps avec qui j’ai couru le Marathon des Sables, la diagonale des fous et le premier Raid Sahara, en Mauritanie.

Dimanche – Voyage et transfert

Notre voyage vers le Sultanat d’Oman sera effectué de nuit dans un avion de la compagnie Emirates. Service impeccable, hôtesses jolies et aux petits soins, chacun son écran pour voir les derniers films en vogue, escale à Dubaï et sa tour de 850 m de haut et nous voila à Muscat, capitale d’Oman. Il fait très beau et déjà très chaud, signe annonciateur d’une semaine difficile pour la course. Les 4x4 qui vont nous accompagner pendant une semaine sont déjà là. Ils nous amènent à la Marina de Muscat, où nous déjeunons. Cyril en profite pour nous présenter la semaine et pour nous faire le briefing de la première étape puis au premier bivouac que nous atteignons dans la nuit. Nous sommes sur la plage et j’en profite, avant de manger, pour prendre un bain de nuit. L’eau est à 30°C, c’est génial. Je suis dans la même tente que Michel et nous décidons, pour donner un peu plus de piquant à l’aventure, de monter une équipe : D.E.L. Ruz Boutou est née. Enfin, pour terminer cette longue journée, nous dinons de Riz aux crevettes absolument délicieux. Puis nous allons nous coucher, en nous endormant aux bruits du ressac.

 

Lundi – Etape 1 – 4,5 + 30 km – 2200 D+

6h00 : J’ouvre la tente. Il fait jour et nous sommes face à la mer. Avant de petit déjeuner, je me baigne. Tout le monde prépare ses affaires de courses pour un départ à 8h00. Quelques barres, le matériel obligatoire, de la boisson énergétique et le sac est prêt. En nous retournant, nous apercevons le chemin par lequel nous allons monter : une bosse de 1100 m de dénivelé en 6 km, un mur !

L’étape sera coupée en deux. Un prologue de 4,5 km, à allure régulée pour ne pas partir trop vite et le véritable départ, au pied du mur, pour 30 km de course. A 8h00, le prologue est enfin lancé et le Désert Oman Raid peut commencer. Le prologue a été institué pour éviter d’arriver au pied de la bosse en étant déjà dans le rouge. L’an dernier, le premier en haut de la côte est tombé dans les pommes et a été perfusé, donc cette année, départ cool et prologue groupé pendant 4,5km. Le véritable départ est donné à 9h00. Je pars assez vite sur les 100m de plat avant d’attaquer les 1000 m de D+. Je me retrouve tout de suite devant, suivi d’Alex l’argentin et d’Alain Basti de l'équipe Orange. Derrière c’est parti plus prudemment mais peut être qu’ils sont dans le vrai. Je monte en trottinant car la côte est raide mais bientôt il ne me sera plus possible de courir tout le temps car la pente est parfois trop forte. Un des 4x4 de l’organisation essaie de me doubler mais il reste planté dans la côte qui, à cet endroit, doit faire 25%. Alex et Alain ne sont pas loin derrière. Je monte plutôt bien mais il faut gérer car le cœur s’emballe vite. Je pousse sur les cuisses avec les mains pour m’aider, j’ai le souffle court mais je ne relâche pas mon effort. J’arrive presque en haut quand je vois le CP1. Derrière çà lâche un peu. J’arrive au CP1, km7 à 1100 m d’altitude. Je bois un verre de coca, je suis bien, même si je sens que j’ai laissé de la force dans cette terrible côte. La chaleur humide et étouffante du bord de mer fait place à une chaleur moindre et plus sèche, plus facile à supporter. Je repars pour le CP2 situé 12 km plus loin. Le chemin n’est pas trop technique mais c’est une succession de montée et descente, un peu comme le sentier des douaniers. Je déroule tranquillement mais le fait d’être devant fait que je me retourne de temps en temps pour voir où sont mes poursuivants. Malgré moi, je vais plus vite que prévu. J’espère que je ne vais pas payer plus tard. Les paysages sont superbes : montagnes et canyons arides à perte de vue. Il fait chaud, le soleil tape fort. Je me retourne. Je vois un point au loin, un coureur. Impossible de distinguer qui c’est. Les côtes sont parfois pentues et je sens bien que j’ai moins de force dans les cuisses : le « mur » a laissé des traces. Je rencontre très peu de gens, parfois un 4x4, quelques troupeaux de chèvres. Je peux laisser mes pensées s’évader vers ma famille, mes amis, surtout que je suis parti sans musique, sans GPS, sans artifice. Je descends dans une vallée superbe, et je traverse une mini oasis coincée dans un canyon. Le descente est violente et tape dans les cuisses. Je vois le CP2, tout en haut (Alt. 1450m). J’y arrive en poussant sur les cuisses. Je refais les niveaux et je repars rapidement dans une grosse descente vers le village, sous une forte chaleur. La remontée est terrible, je suis planté dans la bosse. La fin de cette première étape est assez difficile car elle monte beaucoup plus qu’elle ne descend, pour arrivé à 1800m d’altitude et 2200 de D+. Je vois enfin le bivouac, de l’autre coté d’une vallée, qu’il me faudra franchir en descendant au fond et en remontant vers « les deux tours », point final de cette étape de 30km. La première est pour moi. Les jambes vont bien mais il me faudra bien récupérer pour l’étape de demain qui fait 43 km. Le deuxième, Alain Basti est à 27 minutes et le troisième, Pep l’espagnol est à 28 minutes. Mon pote Michel est 5eme, ce qui fait que nous prenons la première place par équipe. Le soir, bivouac autour du feu (il fait froid à cette altitude) et dodo à 20h00.

 

Mardi - Etape 2 – 43 km – 1500 D+

6h00 – Lever des troupes à l’aide d’un gros « kikiriki » argentin. Petit dej copieux et préparation des sacs pour cette étape assez longue. Je n’ai pas mal aux jambes et je me sens bien. Je ne sais pas comment çà va partir mais avec 27’ d’avance, ce n’est pas à moi de faire la course. Départ à 8h00 et Pep, l’espagnol, part sur un bon rythme dans un faux plat descendant. Eh M…. !!! Moi qui pensais passer une journée cool. J’embraye donc et je me mets à son niveau pour lui montrer que je ne le laisserai pas partir comme cela. Seulement le début est en descente, parfois assez technique et Pep me montre qu’il est un excellent descendeur. Il me prend 100 m en quelques secondes dans une descente pentue. Moi je tape au sol, je suis sur les talons, pas du tout à l’aise. Alain Basti n’est pas loin derrière et il revient sur nous. Un problème au dos l’empêche de se lâcher complètement. Finalement, Alain et moi revenons sur Pep sur le plat. Les paysages sont très beaux et il ne fait pas encore trop chaud. Les bergères Omanaises nous font des « youyou » en nous faisant des petits signes d’encouragement. Finalement nous arrivons ensemble au CP1. Derrière c’est le trou. Nous repartons à trois mais Pep lâche rapidement dès les premières côtes. Et aujourd’hui, il va encore en avoir de la côte. Il décroche complètement et nous traçons notre route avec Alain. Il m’apprend qu’il a déjà fait 10ème au Marathon Des Sables, qu’il vaut 2h36 au marathon et 1h11 au semi. Houla !!! C’est un sacré client !!! Moi je lui dit que j’ai fait 4ème à Locquirec, devant JC et Junior : il a l’air impressionné !!!

Nous franchissons une vallée fabuleuse, verte, avec des canyons incroyables. Cyril fait des photos. Nous sommes redescendus à 1050 m et la remontée va commencer. Au début elle est très sèche, caillouteuse et difficile puis elle s’incline doucement pour nous amener en sortie de village, vers le CP2, au 25ème km. Nous refaisons le plein. Alain est quelques mètres derrière mais nous repartons ensemble vers le CP3. Pour çà, il va nous falloir franchir un col, à 2000m d’altitude. Nous voyons Pep qui est assez loin derrière. La montée est très longue et très pentue sur la fin. Nous la faisons à notre main et je prends un peu d’avance. Patiemment, je me rapproche du sommet. Il fait assez chaud mais surtout, à 2000m, l’altitude marque un peu les organismes. Je me retourne pour observer la magnifique vue, et je bascule vers le CP3. J’ai des bonnes sensations et j’arrive vers le CP3 « assez » frais. Je me ravitaille (coca et banane), je remets de l’eau dans mon camel et j’attends Alain (3-4 minutes) pour repartir. La dernière partie est assez roulante, avec quelques montagnes russes et je pense qu’à deux, on va un peu plus vite, en se motivant et s’encourageant. C’est là que je me rends compte que l’élasticité musculaire des jambes commence à être moins performante. Cette partie fait mal aux jambes, surtout deux ou trois descentes pentues qui cassent bien. Çà promet pour demain !!! Enfin, après deux bosses et deux faux espoirs, le bivouac est en vue, sur un promontoire, face à la mer qui est 1600m plus bas. Le vent souffle assez fort. Nous franchissons la ligne ensemble. Pep est à 15 minutes et comme Michel est 7ème, les DEL – Ruz Boutou sont toujours premiers.

Je crains l’étape de demain sur le plan musculaire car ce n’est que de la descente et je ne suis pas bon en descente. Grosse récup l’après midi, étirement, Compex. Dodo à 20h00 après un repas à base de riz.

 

Mercredi – Etape 3 – 20 km – 1600 D-

Lever 6h00 - La nuit a été très ventée et j’ai mal dormi. Les douleurs aux jambes sont bien présentes ce matin. Les cuisses sont raides et les mollets sont très durs. Je marche comme un crapaud pour aller au petit dej. Il va falloir que je me dérouille sinon çà risque d’être le calvaire. L’idée générale de la journée est de ne pas perdre trop de temps sur Alain et Pep dans la descente et d’éviter de se faire une entorse, chose dont je suis coutumier. Je ne suis pas serein, serein. Pour atténuer les chocs dans la descente, j’ai mis mes manchons de quadriceps. Le départ est donné à 8h00 et comme prévu, Pep et Alain partent comme des flèches. J’essaie de suivre mais je prends tout de suite 100m dans la première descente. Heureusement, ces premières descentes ne sont ni trop techniques, ni trop pentue. Il ya même des petites portions de plat voire de légère remontée. J’arrive donc à tenir le rythme effréné mené par Alain. J’ai très vite très mal aux mollets et j’essaie de trouver une technique pour les détendre avant chaque foulée, en relevant la pointe du pied à fond, avant de le poser au sol. Çà marche un peu mais il faut beaucoup de concentration. Je commence à trouver mon rythme et comme je vois que l’écart ne grandit pas, je me concentre pour accélérer sur les parties plates ou peu pentues. Résultats, je double Pep, pour qui le rythme est trop élevé, et je reviens sur Alain, qui me tape dans la main l’air de dire : ce soir on bouffe de l’hispanique. Passage éclair au CP1 et nous repartons à trois. Pep est dans le rouge. Alain et moi repartons sur le même rythme. Nous attaquons une partie « montagne russe » et nous courons dans toutes les montées, en force s’il le faut. Alain me dit : « c’est là qu’il faut faire la différence ». Et Pep explose en vol. Il faut que je m’accroche car j’ai vraiment mal aux mollets. Nous arrivons à 600m d’altitude et l’océan indien nous fait face. Sur la fin de la descente, la pente est plus forte mais Pep est loin. Nous traversons enfin un village pour finir cette étape en 1h18 dont l’arrivée est …dans l’eau. Nous plongeons pour nous rafraichir. Pep arrive 5 minutes plus tard : mission accompli. Mais à quel prix !!! J’ai les jambes carrément explosées. Et ce n’est pas les baignades dans la mer, les transferts en 4x4 de l’après midi et les baignades dans les magnifiques piscines naturelles qui y changeront quelques choses. Et les chaussettes de récupération ne seront certainement pas miraculeuses. A chaque fois que je descends du 4x4, c’est la torture pour les jambes. Pourtant, comme tout le monde semble souffrir, je me sens un peu rassuré. Mes principaux concurrents, Alain et Pep, ne semblent pas à la fête non plus. Enfin, le soir arrivant, nous dégonflons les pneus des 4x4 pour nous enfoncer dans le désert de sable. Les deux étapes de dunes sont devant nous. Notre bivouac est paumé dans la pampa mais la nuit noire nous empêche de profiter du paysage. Dodo à 21h00. Je ne suis pas très rassuré pour l’état des mes jambes demain matin et je sais qu’une nuit ne suffira pas à tout réparer. Pour la forme, je me masse les mollets avant de me coucher.

 

 

Jeudi – Etape 4 – 26 km – Dunes

6h00 lever. Le paysage est grandiose. Le bivouac est planté dans les dunes. Ce n’est que du sable à perte de vue. Je me lève et je sens tout de suite que çà ne va pas très fort. Les cuisses semblent un peu lourdes mais rien d’inquiétant. Par contre les mollets sont défoncés. Je ne peux pas dérouler les pieds sans sentir un coup de poignard dans chaque mollet. Je ne sais pas comment je vais courir. J’espère seulement que d’ici le départ, le réveil musculaire atténuera la douleur. J’ai une démarche de robot et Sophie, la belge, me surnomme « tic-tac-tic-tac » parce que ma démarche rappelle la souplesse d’une horloge comtoise !!!

Je me demande bien comment je vais gérer cela, mais en mettant ma tenue des « dauphins » une maxime m’est venue à l’esprit : « La douleur n’est qu’une information ». Mouuais !!!

Quinze minutes avant le départ, un calme olympien règne sous la tonnelle où les coureurs règlent les derniers détails. Tout le monde a laissé des plumes dans la descente d’hier et la première étape de sable fait toujours un peu peur.

Le départ est donné en haut d’une grande dune que nous dévalons tous ensemble. Cap à l’ouest pour traverser perpendiculairement deux gros cordons de dunes puis cap au Nord dans un wadi (oued entre les cordons de dunes). Malgré la douleur, je prends la tête, suivi d’Alain et d’un petit groupe qui nous suivra à vue jusqu’à l’arrivée. Les grosses montées de sable mou me font presque du bien : elles me permettent de m’étirer les mollets. Les descentes de dunes, elles, me font super mal. Le sable est parfois dur, parfois mou, même sur les crêtes, et la progression n’est pas très rapide. J’ai mis mes manchons de mollets en espérant que cela sera un petit plus pour la récupération. Je souffre à chaque pas mais la douleur devient une sorte de fond musical, une sorte de bruit blanc auquel on fait moins attention. Toujours présente, parfois lancinante mais il faut faire avec. En tout cas, cela ne m’empêche pas d’admirer et de profiter du paysage grandiose qui s’offre à nous. Nous descendons dans le wadi. J’essaie de courir intelligemment en lisant le terrain pour éviter les montagnes russes. Ma petite expérience du désert me sert : la ligne droite n’est certainement pas le plus court chemin dans les dunes. Je me retourne. Quelques éléments du groupe de sont pas loin derrière. Ils profitent de nos traces, c’est le jeu. Le sable très mou du deuxième cordon de dunes rend la montée très difficile et Cyril, l’organisateur, semble satisfait de nous voir pédaler dans la semoule. Il a raison, nous sommes venus là pour çà. Après la descente dans le deuxième wadi, nous prenons cap au nord pour aller chercher le CP1 quelques kilomètres plus loin. La chaleur monte et le sable se désagrège. Le CP1 est en vue et pour corser la chose, il nous faut remonter tout en haut de la dune (100m) pour aller se ravitailler. Le ravito justifie la grosse montée que nous sommes obligés de nous farcir. Nous faisons le plein de forces et nous redescendons dans le wadi pour longer les dunes pendant 10km. Nous courons tout le temps, Alain et moi. Pas très vite mais régulièrement, en gérant la douleur dans les jambes, la chaleur et la distance. Je pense à Léa et à son voyage en espérant que tout se passe bien. Je pense à ma Doudou et à Maëlys en espérant aussi que la cohabitation n’est pas trop difficile. Comme dit Alain : « beau terrain pour dérouler, dommage que nous ayons les jambes carbonisées ». Pourtant, nous accélérons doucement. Le CP2 est en vue mais il est encore très loin, en haut de la dune. Il faut s’accrocher. Enfin, nous arrivons au pied de la dune, que nous gravissons en marchant (trop de pente, trop mou). Je me refais une santé dans cette montée et le fait de m’arroser les mollets me redonne du jus. Je me ravitaille et je repars plein d’entrain. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai beaucoup moins mal (manchons ?). Alain semble dans le dur et fatigué. Je le décroche sans trop m’en apercevoir mais comme je me sens vraiment bien, je décide d’accélérer pour creuser un peu l’écart en prévision de la dernière étape. Alors que nous voyons l’arrivée, au Sama Camp, l’organisateur nous oblige à rester sur les crêtes des dunes en poinçonnant deux balises. Çà monte, çà descend mais finalement mes jambes répondent et je me retrouve en haut de la dernière dune, que je dévale en m’éclatant comme un gamin, pour aller franchir l’arrivée en première position, avec 7 minutes d’avance sur Alain et André et 8 minutes sur Michel. Je conforte ma première place et la première place en équipe nous semble acquise. L’après midi se passera dans ce camp qui sert de départ pour des méharées. Vrai lit, douches et confort. C’est génial pour panser ses plaies et préparer la dernière étape. Un marathon dans les dunes.

 

Vendredi – Etape 5 – 42km de sables

Lever 4h00 pour déjeuner et pour faire un transfert en 4x4 vers le Safari Camp, lieu de départ et d’arrivée de ce marathon. Deux « locaux », Anglais expatriés à Muscat pour le boulot, et faisant partie des RoadRunners de Muscat, participeront avec nous au marathon. Ils semblent décidés à nous mater. Ce qui serait logique vu qu’ils sont frais comme des gardons et que nous nous sommes un « peu » fatigués. Ils ont fait le marathon de Dubaï, ils sont aguerris. La dernière étape est devant nous. « C’est la plus dure » nous a dit Cyril au briefing. Et je serais tenté de la croire vu qu’elle est placée en dernier. Le départ est donné à 7h00 et Alain part assez vite. Je ne peux pas faire autre chose que d’embrayer. Nous décidons de ne pas courir sur la piste mais plutôt sur les cotés, plus ferme sous les pieds. Il faut juste que nous prenions la bonne trajectoire pour essayer d’aplanir notre parcours. Un des « expat », Roger de Muscat nous suit, 50 m derrière. Ensuite c’est le trou. Tout le monde semblait fatigués et notre allure assez rapide, à Alain et à moi (et à Roger de Muscat !!) est trop rapide pour la concurrence. La route est sympa mais il n’est pas toujours facile de trouver du sable « dur », ou tout au moins, moins mou. En effet, ce matin le sable ne veut pas se laisser martyriser par nos pas et il a décidé de nous corser l’affaire. Je serai mou qu’il a dit et mou il l’est. Nous arrivons au CP1 (10km) en moins d’une heure. Roger de Muscat nous colle toujours au train à 50m. Je lui dit qu’il peut courir avec nous mais il préfère rester en retrait. Nous continuons notre route sur ce rythme jusqu’au CP2, situé à 18 km. Il fait assez chaud, les jambes sont assez douloureuses mais c’est mieux qu’hier. Arrivé au CP2, nous refaisons le plein avant d’attaquer un cordon de grosses dunes de 4km. Directement, il nous faut monter une dune de 100m de haut qui nous casse les pattes, le sable étant de plus en plus mou. Par contre notre récompense est en haut. Une vue absolument magnifique, une succession de belles dunes, un silence remarquable. Je sais pourquoi je suis là et ces moments sont exceptionnels. Pourtant, il faut continuer son chemin. Je repère un balisage tout en haut d’une haute butte de sable. Le problème c’est qu’entre les deux, il nous faut franchir un wadi profond. C’est repartit pour les montagnes russes, quand enfin, de l’autre coté du cordon de dunes, le CP3 est en vue. Nous fondons dessus. Un petit break et un check up s’imposent :

 

Contrôle du sable dans les chaussures : OK.

Contrôle des réserves d’eau : OK.

Contrôle des réserves énergétiques : OK.

Contrôle de la forme générale : OK

Contrôle des guiboles …. : Allez..Bon…OK !!!

 

Alors que « Roger de Muscat » arrive au CP3, nous repartons donc pour 12km de piste sablonneuse à souhait, vallonnée à souhait et sous le cagnard (35-37 °C). Les pastilles de sels que je prends font effet et je ne perds pas trop d’eau. Nous tenons notre petit rythme avec Alain. « Roger de Muscat » semble déjà plus dans le dur et il est en train de prendre « une cartouche ». Les jambes sont dures mais nous nous surprenons, dans un faut plat descendant, à accélérer et dérouler pour décontracter les jambes. Bon, pas d’esbroufe les gars, la dernière zone de grande dunes va être sacrément difficile. Arrivée au CP4 où le médecin de la course vérifie, premièrement, que nous sommes en forme, deuxièmement que notre matériel obligatoire est en règle. Nous refaisons le plein d’eau à fond car il n’y a plus de ravitaillement jusqu’à l’arrivée. Alain ne semble pas en mesure de me mettre 35 minutes dans la vue sur cette portion. Malgré la fatigue, je me sens plutôt bien. Et çà sent l’écurie. Nous attaquons la dernière partie de la course ensemble. Cap au 125 nous a dit Dominique. Normalement c’est balisé et nous suivons les premières flèches. Quand nous nous retrouvons devant un mur de sable. Je le monte à quatre pattes et c’est le souffle court que j’arrive en haut. Les flèches ne sont pas très visible dans le soleil et le fait d’être deux nous permet d’en trouver chacun notre tour. Le parcours est difficile et nous avançons lentement. Nous partons trop à droite et Alain trouve une flèche au loin, en bas d’une grande dune. Je vois la suivante, au loin, tout en haut. Nous y allons à petite allure mais toujours en trottinant si le terrain le permet. Et là, arrivés en haut, plus de flèche. On a beau regarder à deux, rien n’y fait. Je sors donc ma boussole et nous traçons au 125. Au pire, nous sortirons des dunes trop à gauche et nous reprendrons la piste vers le sud pour trouver le Safari Camp. On avance à la boussole pendant dix minutes quand, en cherchant des flèches, je vois une tente sur la droite. C’est une tente de l’organisation, placée là en secours, au cas où certains auraient besoin d’un peu d’eau. Nous étions bien un peu à gauche mais nous voilà de nouveau sur le bon chemin. La dernière très grosse dune nous nargue. Nous sommes en bas, la bonne route est en haut. Bon, nous attaquons la montée, pas après pas, patiemment, doucement mais surement. Je m’y reprends à deux fois car je commence à manquer de force. Alain n’est pas au mieux mais nous terminerons ensemble, c’est plus sympa. Une fois en haut, je fais la trace, même si Alain voit une où deux flèches planquée dans l’ombre des dunes. Enfin, nous voilà en vue du Safari Camp. Nous descendons ensemble vers l’arrivée de l’étape et l’arrivé du Raid. Cyril, Catherine, Françoise, Gaby… nous attendent. Ainsi que des boissons fraiches …. Nous avons mis 5h16 sur cette étape, le troisième, Pep l’espagnol est à 45 minutes. Nous pouvons être contents de cette étape. « Roger de Muscat », qui devait gagner, termine 4ème à ...46 minutes. Il fait une belle course et termine enchanté : bel esprit. Michel termine 5eme au général et nous gagnons le classement par équipe.

Je gagne cette deuxième édition du Desert Oman Raid, mais ce n’est pas le plus important. Je me suis fait des nouveaux amis, j’ai passé une semaine formidable, rencontré des gens supers, découvert un pays fabuleux, vécu des émotions riches, enrichi ma bibliothèque de souvenirs et çà, c’est important.

 

Remerciement à ma femme et mes enfants qui me laissent assouvir ma passion.

Remerciement à RSO. Cyril et David pour leur énorme boulot.

Remerciement à toute l’équipe d’organisation : Catherine, Françoise, Xavier, Gaël, Mathieu, Floriant, Jacques pour leur gentillesse et leur dévouement, leurs encouragements, leur sourire.

Remerciement à l’équipe médicale : Dominique et Isabelle pour leur professionnalisme et leur gentillesse.

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