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Embrunman

15 Aug 2005

 

Les jambes d’arnaud…

4h00 – Le réveil d’Arnaud sonne le départ d’une grande journée : L’Embrunman.
Nous, ses jambes, préparons cet évènement depuis des mois. Nous avons pédalé, couru, souffert, récupéré, été massées et rasées, bref, nous avons bien travaillé. Le cerveau, le commandant du corps d’Arnaud nous dit que tous les voyants sont au vert et que même lui, le gestionnaire du mental est prêt à affronter les difficultés de la journée. Oui mais, nous, ses jambes, allons nous tenir la distance ??


5h00 – une jolie demoiselle nous marque un gros 272 au feutre noir. Heureusement que nous nous sommes rasées de près hier soir.


5h30 – Dans le parc de transition, Arnaud préfère s’échauffer les bras et les épaules en nous délaissant quelques peu. C’est vrai que pendant la nage nous travaillons moins, en nous contentant d’équilibrer le corps dans l’eau.


6h00 – Le départ est donné et nous voila en train de flotter. Arnaud décide quand même de nous faire travailler un peu par quelques battements légers, histoire de ne pas trop se refroidir. La nage semble bien se passer car au bout d’une heure nous entrons en action pour courir vers le parc de transition et trouver l’emplacement des affaires d’Arnaud. Il prend son temps pour se changer car la route va être longue. J’espère que nous tiendrons. Nous sommes enduites de crème solaire car il fait beau et le soleil peut être agressif.


Maintenant c’est à nous de jouer. Nous courrons pour sortir du parc et attaquer les 188 km de vélo et ses 3800 m de dénivelé positif. Comme prévu, cela commence très fort par environ 10 km de montée. Arnaud décide de nous faire monter en souplesse et cela nous arrange car il nous faut toujours un petit délai pour nous mettre en route. Nous sentons tous le corps monter en pression et nous nous sentons moins seules. La descente permet de récupérer des premiers efforts. Le sang nous amène un peu de produit énergétique. Ouf, enfin à manger. La remontée vers Embrun et vers Guillestre se passe bien. Nous tournons à notre rythme. Arnaud ne nous impose pas de sur-régime. Il nous réserve pour l’Izoard et préfère nous faire tourner plutôt que nous imposer un gros braquet. Nous sommes doublées par quelques collègues qui manifestement n’ont pas cette chance : le gros plateau est de mise. Attention les copines, il faut tenir jusqu’au bout.


Guillestre est le début de la montée vers le col d’Izoard. Le début est tranquille. C’est un faux plat montant très joli et assez roulant. Seulement au bout de 15 km la vraie difficulté commence. Arnaud met le 34*21 et nous rentrons en action. Au début tout va bien. Pas de douleur, nous montons efficacement. La preuve, nous doublons toutes les copines de tout à l’heure. L’entraînement que nous avons subit dans les Alpes pendant deux semaines porte ses fruits. Seulement le vent se met de la partie et la montée vers Brunnissard, toute droite et vent de face est terrible. Nous sommes à la limite de la rupture et nous demandons vite au cerveau de faire quelque chose. Celui ci s’exécute et Arnaud nous met le 34*23 puis rapidement le 34*25 pour mouliner un peu. L’arrivée dans les lacets nous abrite un peu du vent et la montée est plus facile. Nous reprenons notre rythme de croisière en 34*23 pour ne plus le lâcher jusqu’à la Case Déserte où une légère descente nous fait un peu récupérer. Nous passons en « danseuse » pour la photo et nous finissons la montée vers le sommet assez facilement, encouragées de nombreuses personnes sur les côtés. Au sommet, il fait très froid (8°C). Les bénévoles s’occupent d’Arnaud puis nous repartons rapidement pour la descente vers Briançon. Nous qui pensions nous reposer, c’est raté. Arnaud décide de nous faire pédaler pour ne pas se refroidir. Pendant la descente, le cerveau nous fait un petit bilan. Tout va bien.


A Briançon commence le retour vers Embrun. Le cerveau nous prévient qu’il reste trois difficultés majeures en vélo. Le vent favorable nous amène vers la première, Vigneaux, que nous passons sans problème à vive allure dans une euphorie inquiétante. La deuxième, Pallon est plus difficile à gérer. La côte est raide, toute droite et sous la chaleur. Nous commençons à bonne allure mais cela sent la surchauffe. Heureusement, les spectateurs sont là pour nous encourager. Enfin, le sommet arrive. Il était temps. Le cerveau nous prévient qu’Arnaud a un coup de fatigue générale. Nous nous sommes plutôt en bonne forme mais nous ralentissons quand même. Le retour vers Embrun est plutôt chaotique mais nous sentons qu’Arnaud se refait une santé. Heureusement car la dernière difficulté est devant nous : Chalvet. Arnaud décide de faire tourner les jambes et de ne surtout pas forcer. Il reste le marathon à courir. Cette côte de Chalvet ne serait pas trop dure si nous n’avions pas déjà effectué 170 km, seulement là…. !!!
Enfin la bascule et la dernière descente vers le parc. Arnaud semble fatigué, ce que nous confirme la descente qui semble moins sereine. Enfin le parc. Nous marchons tranquillement vers notre emplacement. Nous sommes assez molles. Le marathon va être terrible. Arnaud prend sont temps. Ses mouvements sont lents. Il cherche à récupérer. Il nous remet quand même de la crème solaire car le soleil tape dur. Déjà 8h40 que nous sommes parties et nous nous élançons pour 42km195. Nous avons beaucoup de mal à nous mettre en train. Nous sommes assez molles, sans ressort, sans énergie. Pourtant, le sang nous envoie très régulièrement des produits énergétiques. Les premières côtes sont terribles et nous font mal. Seulement le cerveau nous oblige à ne pas marcher. Il est marrant, lui !!! Il nous envoie encore un gros coup de moral et de pensées positives. La traversée d’Embrun (et la fin de la côte) nous redonne de la force et la descente nous fait beaucoup de bien. La fin du premier tour se passe plutôt bien et nous n’avons toujours pas marché. Malheureusement toute les bonnes choses ont une fin et nos fibres musculaire en ont assez. Nous sentons bien la douleur monter dans les cuisses. Les abdominaux aussi râlent un peu. Cela va bientôt se terminer ???


De plus le cerveau nous prévient que nous risquons de manquer d’énergie car l’estomac a du mal à gérer ce qu’Arnaud lui donne. Tout le deuxième tour va être difficile. Nous avons mal !!! Si le cerveau ne nous envoyait pas régulièrement du moral, du mental et de la volonté, nous arrêterions. Nous avons quand même l’autorisation de marcher dans la grande côte, à condition de repartir en trottinant sur les 15 derniers kilomètres. Arnaud nous arrose régulièrement avec une éponge et cela fait du bien. Nous tenons notre promesse et c’est en trottinant à petite allure, sous les encouragements des spectateurs que nous finissons ce marathon en 3h58’ et le triathlon d’Embrun en 12h43’. Arnaud est content de nous tous (cœur, poumons, cerveau …et nous , les jambes) mais semble très fatigué. Il s’assoit et ne se relève que 15 minutes plus tard. Malgré sa joie, il ne se sent pas très bien et nous, nous ne sommes que douleur.


Une nuit de sommeil nous a fait beaucoup de bien et même si nous sommes assez raides, il ne reste qu’un sentiment de mission accomplie.
C’est une épreuve fantastique, les bénévoles sont géniaux, le parcours est très exigeant mais fabuleux. Un conseil, copines jambes, avant de venir à Embrun, préparez vous bien.

 

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